18 Novembre 2006
La superstar a écoulé ses hits, mardi à Anvers, devant une foule en liesse. Un accueil à la mesure de sa première venue en Belgique. En 25 ans de métier...
Voilà, ça y est. George Michael pourra enfin dire qu'il a joué en Belgique au moins une fois dans sa carrière. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le plus célèbre chanteur anglais d'origine grecque n'avait encore jamais foulé une scène belge - bien qu'il s'en fût fallu de peu en 1987 après la sortie de "Faith", son premier album solo. Passons sur les raisons, qu'elles tiennent de la bouderie pure et simple ou du peu d'affinité pour la scène. Ce qui importe ici est que le public du Sportpaleis d'Anvers, loin de lui en tenir rigueur, lui a fait un triomphe digne des empereurs romains de retour de campagne.
Il faut dire que le concert de mardi soir s'inscrivait dans la bien nommée tournée "25 Live" et offrait l'occasion rêvée à tout ce petit monde de faire la fête autour d'un répertoire d'un quart de siècle relevé d'une impressionnante collection de hits, que ceux-ci datent de ses débuts avec "Wham !" ou de ses différentes métamorphoses en solo.
Mais ce que l'on conçoit bien ne s'énonce pas forcément clairement. Pour preuve, l'alternance plutôt curieuse des morceaux dans la première partie du concert où se succèdent presque systématiquement les titres disco ("Everything she wants", "Star People", "Shoot the dog"...) et les ballades langoureuses ("Father's figure", "You have been loved"...). Du coup, le rythme du concert évolue en dents de scie, à l'image du public qui tantôt se lève pour se déhancher tantôt s'assied pour entrer en religion. Le concert peine à décoller : une impression que renforcent les longs blancs entre les morceaux (histoire de laisser libre cours aux ovations ?) et... un entracte d'une vingtaine de minutes.
Pourtant, le spectacle est total. La scène est constituée d'un écran qui, tel un volet métallique, dévale du plafond vers les premiers rangs. S'y bousculent des images à la fois derrière et sous le chanteur : logos, vidéos, photos, dessins animés, univers virtuels... Quand elle ne s'ouvre pas (dans le final de "Shoot the dog") pour faire place à une immense poupée gonflable de George W. Bush assortie, juste au-dessous de la ceinture, du chien représentant Tony Blair en plein "contact inapproprié" (pour reprendre une rhétorique devenue fameuse).
Heureusement, la pause aura du bon. Les ambiances scéniques se font plus homogènes et le tout gagne nettement en cohérence. Le spectacle trouve enfin une vraie vitesse de croisière, celle qui décoiffe sans ébouriffer et qui emplit d'air sans forcer à inspirer. "Faith", "Spinning the wheel", Jesus to a child", "Fast love", "I'm your man", "Outside"... Cette fois, la liste fait mouche. Et puis, l'homme sort de son mutisme pour communiquer avec le public. Mais, plus que lorsqu'il danse seul en scène, George Michael impressionne par sa voix, particulièrement dans les moments les plus intimes. Comme sur le célèbre "Careless whisper" (et sa partition de saxo d'anthologie), servi en premier rappel. Avant un "Freedom" pour clore cette première -et sans doute dernière- prestation belge.
Source : www.lalibre.be